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mardi 14 juin 2011

Le feuilleton des fichiers ethniques Mens dans les Dépêches tsiganes



samedi 16 octobre 2010

Dernières nouvelles du fichier Minorités ethniques non sédentaires (Mens)


La CNIL a remit son rapport préliminaire au premier ministre sur le fichier MENS. Lors de ses contrôles du 8 et 12 octobre dans les services de la gendarmerie elle n’a trouvé plusieurs fichiers dont elle n’avait pas connaissance sans en découvrir un qui s’appellerait Mens, tout en constatant un fréquent usage du fichier des titres de circulation.

Trois documents
1 Rapport de la CNIL du 14 octobre
2 Lien avec l'audition du directeur général de la gendarmerie à l'assemblée nationale
3 Document datant de 2008 sur l'utilisation de la formule MENS



Rapport de la CNIL

A l'attention de Monsieur le Premier Ministre
CONCLUSIONS DU RAPPORT PRÉLIMINAIRE DES CONTROLES
EFFECTUES LES 8 ET 12 OCTOBRE 2010 AUPRES DE L'OCLDI ET DU STRJD DE LA GENDARMERIE NATIONALE
Selon certaines informations parues dans la presse, la gendarmerie nationale détiendrait un fichier des « Roms », dénommé « fichier MENS »,
La CNIL a été saisie d'une plainte concernant ce traitement supposé émanant des associations suivantes : « La voix des Roms », l'« Union française d'associations tsiganes », « la Fédération nationale des associations solidaires d'action avec les tsiganes et les gens du voyage » et « l'Association nationale des gens du voyage catholique ».
Le seul traitement connu de notre Commission visant spécifiquement les gens du voyage est le « SDRF » (fichier des titres de circulation délivré aux personnes sans domicile ni résidence fixe), créé par un arrêté de 1994. Ce traitement a pour unique objet d'assurer le suivi des titres de circulation délivrés aux personnes circulant, en France, sans domicile ni résidence fixes, soumises aux dispositions de la loi du 3 janvier 1969.
De façon à vérifier la véracité des ces informations, la Commission a opéré des contrôles conformément aux pouvoirs qu'elle détient en application de l'article 44 de la loi du 6 janvier 1978 modifiée le 6 août 2004 auprès des services de la gendarmerie nationale concernés.
Précisons que la dénomination « MENS », qui signifie « minorité ethnique non sédentarisée », fait l'objet d'une utilisation courante par les services de gendarmerie depuis 1992. C'est ainsi que cette appellation est à de très nombreuses reprises utilisée dans l'ensemble des traitements qui font l'objet des commentaires ci-dessous. Dans ces conditions, il n'existe pas un fichier MENS spécifiquement identifié. En revanche, plusieurs traitements utilisent la mention MENS, soit dans leur dénomination, soit dans la collecte des données, leur transmission ou leur stockage.
Ces contrôles ont permis d'identifier les faits suivants.
I. Notre Commission a procédé à l'examen du CD-ROM remis par les services de la gendarmerie nationale contenant la présentation faisant l'objet de l'article du quotidien Le Monde en date du 7 octobre 2010. Elle a constaté qu'aucune information contenue dans ce document n'était extraite de fichiers contenant des données à caractère ethnique.
II- Les contrôles effectués les 8 et 12 octobre à l'office central de lutte contre la délinquance itinérante (OCLDI) :
L'OCLDÏ, à compétence nationale, a deux principales fonctions : la réalisation d'enquêtes judiciaires dans son domaine de compétence et le recueil et la centralisation d'informations concernant la délinquance itinérante afin, notamment, de renseigner les brigades territoriales. Dans le cadre de ces fonctions, l'office accède au SDRF.
1. Les contrôles menés ont établi que cet office met en œuvre, depuis - semble-t-il -1997, une base documentaire alimentée par des informations issues de fichiers judiciaires (STIC, JUDEX, FPR), des messages de services opérationnels (police, gendarmerie) et des procédures traitées directement par l'office.
Cette base de données a pour principale finalité la gestion des requêtes adressées à l'office et des réponses qui peuvent être apportées à l'issue d'un travail de rapprochement judiciaire.
Cette base contient 52 769 fiches de personnes et constitue un traitement de données à caractère personnel au sens de l'article 2 de la loi du 6 janvier 1978 modifiée le 6 août 2004.
En effet, cet article définit le traitement comme «toute opération ou tout ensemble d'opérations ponant sur [des données à caractère personnelles], quel que soit le procédé utilisé, et notamment, la collecte, l'enregistrement, l'organisation, la conservation, l'adaptation ou la modification, l'extraction, la consultation, l'utilisation, la communication par transmission, diffusion ou toute autre forme de mise à disposition, le rapprochement ou l'interconnexion, ainsi que le verrouillage, l'effacement ou la destruction ». En l'espèce, la base permet des rapprochements entre des personnes identifiées et des interrogations par les noms.
Or, nous relevons qu'aucune formalité n'a été effectuée auprès de notre Commission. Dans ces conditions, cette base de données n'est pas conforme à la loi.
Les requêtes effectuées sur cette base à partir de certains mots-clés n'ont pas révélé de données relatives aux origines ethniques des personnes qui y sont contenues.
En conclusion, sur ce premier point» l'illégalité n'est pas fondée sur le contenu de la base, mais sur l'absence de déclaration à la Commission.
2. Les contrôles effectués ont permis à la Commission de constater que l'office utilise également le logiciel d'analyse sérielle ANACRIM. Celui-ci lui permet de travailler sur les dossiers dont il est saisi par une autorité judiciaire et de relier entre eux tout type d'éléments relatifs à une affaire (liens entre des personnes, des véhicules, des numéros de téléphone, etc.).
Or, notre Commission relève que ce traitement ne lui a pas été déclaré. Il est donc illégal à ce titre.
I-                   3. Nos contrôles n'ont pas permis de constater à ce jour l'existence d'une base relative à la généalogie de certaines personnes particulièrement connues de la gendarmerie. Selon les informations communiquées à notre Commission, cette base aurait été détruite en 2007. Elle n'avait d'ailleurs fait l'objet d'aucune déclaration auprès de notre Commission.

4. La pratique de transmission massive d'informations des unités territoriales à destination de certains services centraux de la gendarmerie, qui a été constatée par la Commission, constitue également un traitement de données à caractère personnel au sens de la loi. Celui-ci devrait donc être déclaré. En effet, la notion de fichiers de travail temporaire évoquée par les services de gendarmerie n'existe pas au sens de la loi.
III- Les contrôles effectués les 8 et 12 octobre au service technique de recherches judiciaires et de documentation (STRjb) :
Le STRJD a pour principales missions la gestion techniques des fichiers de renseignement judiciaire (JUDEX, FPR, FVV pour leur partie « gendarmerie ») ainsi que le SDRF, l'exploitation des informations judiciaires et la gestion des renseignements qui lui sont transmis. Les renseignements qui lui sont adressés par les unités territoriales sont de deux types : judiciaire ou administratif.
D'une façon générale, la gendarmerie nationale a pour mission de contribuer à la mission de renseignement et d'information des autorités publiques (article 1CI de la loi du 3 août 2009 relative à la gendarmerie nationale).
1. Le contrôle a montré que, parmi les messages adressés au STRJD (et à POCLDI), un volume très important a trait aux contrôles des « gens du voyage ». Les informations communiquées dans ce cadre concernent notamment l'identité des personnes contrôlées, leurs photographies et les numéros des plaques d'immatriculation des véhicules utilisés.
Une fois encore, une telle remontée d'information constitue un traitement de données personnelles. A ce titre, il aurait du être déclaré.
2. Lors de cette première phase de contrôles, aucun fichier structuré regroupant des données à caractère personnel relatives aux « Roms » et organisé autour de cette notion n'a été décelé. Néanmoins, il faut noter que certaines des informations enregistrées révèlent les origines ethniques des personnes contrôlées (mention est faite à de nombreuses reprises de la qualification de « Roms », susceptible d'être considérée comme une donnée sensible au sens de l'article 8 de la loi). En toute rigueur, cette pratique courante consistant à utiliser l'expression de « Roms » ne pourrait être autorisée que par un décret en conseil d'Etat, pris après avis de la CNIL, conformément à l'article 27 de la loi.
En conclusion, il faut noter que ces contrôles montrent que la fonction de « renseignement » de la gendarmerie nationale ignore largement la loi de 1978 modifiée en 2004. Il est impératif pour la gendarmerie nationale d'opérer une régularisation de l'ensemble des traitements mis en œuvre dans ce cadre.
IV-Le présent rapport ne préjuge pas des résultats de contrôles qui doivent être encore opérés dans les prochains jours
Alex TÛRK, Président de la CNIL

Le 14 octobre 2010

Document 2

Prenez connaissance de l’audition à l’assemblée nationale de M. Jacques Mignaux, directeur général de la gendarmerie nationale



Document 3
En 2008, il était déjà question des MENS. Texte communiqué par Alain Fourest, directeur de l’association Rencontres tsiganes.
Document

Une nouvelle catégorie de citoyens ? : les MENS 

 Ce terme qui est apparu dans la presse locale, serait une nouvelle expression permettant d’éviter, semble-t-il, l’emploi des mots « tsiganes, gitans ou gens du voyage ». Il a été employé, dans un article relatant les méfaits d’une bande de voleurs qu’une vaste opération de police et de gendarmerie à permis de neutraliser et dont les médias ont largement rendu compte.  En employant ce nouveau qualificatif pour le moins surprenant (Minorité Ethnique Non Sédentaire) il s’agirait d’éviter d’être soupçonné de discrimination, voir de racisme.  C’est peut-être là une réponse indirecte aux interventions que nous avons faites récemment auprès de l’AFP et de la gendarmerie afin de dénoncer la méthode qui consiste à désigner des délinquants par leur appartenance à un groupe social bien déterminé ou encore par les lieux qu’ils fréquent:  les camps de gitans ou de gens du voyage. C’est ainsi l’ensemble d’un groupe de citoyens qui est présenté à la vindicte populaire  justifiant les traditionnels préjugés sans cesse renouvelés : «  mais de quoi vivent-ils ? avec leurs grosses voitures… C’est bien connu, ce sont tous des voleurs … »   Ce sont  les termes employés à plusieurs reprises par le préfet  Girod de Langlade et qui lui ont valu une condamnation dont il a fait appel.

Certains pourront juger ce débat sémantique comme anecdotique. Ils auront tort. En effet, à travers de nouvelles circonlocutions, il s’agit bien d’une  même démarche consistant à prendre la partie pour le tout et à désigner à l’opinion une catégorie sociale comme nuisible et inassimilable. Que l’on appelle cela du racisme ou de la discrimination, qu’importe ! Pour ceux qui en sont l’objet, c’est chaque fois une marque de rejet qui blesse la grande majorité d’entre eux qui s’efforcent de se comporter en citoyens respectueux des lois de la République. Que répondre aux amis voyageurs auquel on renvoie les images stigmatisantes vues à la télé la veille ou les articles du quotidien ?  En quelques instants est ainsi remis en cause tout le travail quotidien de nos associations qui  tentent  de présenter la culture, l’histoire et les  valeurs portées par le peuple tsigane. 

Il faut que cesse cette hypocrisie collective et que l’on reconnaisse qu’aujourd’hui encore, dans notre société française, environ 500 000 personnes font l’objet de rejet en vertu de leur origine et de leur culture. Tant que, sous prétexte de répondre à leurs besoins, on édictera des lois spécifiques pour les « gens du voyage’, on en fera des citoyens de deuxième catégorie.

Les recommandations des diverses instances européennes nous rappellent régulièrement l’urgence d’un traitement équitable des Roms Tsiganes. Mais les propos et les mesures récemment décidées par le gouvernement Italien et le maire de Rome sont sans ambiguïté. La chasse aux Roms Tsiganes est ouverte à travers l’Europe. En Hongrie, par exemple, la « Garde Hongroise » (milice d’extrême droite) préfère une cible plus populiste que les juifs et veut protéger les Hongrois contre la criminalité rom : «elle reconnaît qu’elle ne peut pas jouer la carte de l’antisémitisme, elle risquerait de se délégitimer davantage qu’en jouant la carte anti-Rom »
Il est grand temps d’ouvrir les yeux et reconnaître que la « bête immonde » est toujours en éveil parmi nous. Les premiers concernés prennent conscience du danger qui s’approche. Ils s’efforcent de surmonter leurs divisions pour réagir ensemble. La création récente d’un Collectif National de Gens du Voyage, regroupant Roms-gitans-Manouchess-Sintis-Yeniches, est une bonne nouvelle Il faut les soutenir, leur projet  nous concerne tous : « Ensemble nous pourrons vivre notre différence » 

Alain FOUREST  Marseille le 17/05/2008 


mardi 12 avril 2011

Conclusions du rapport définitif des contrôles effectués auprès de la gendarmerie nationale dans le cadre du fichier "MENS"

 communiqué de la CNIL

 

30 mars 2011

La CNIL rend public le rapport définitif qu'elle a transmis au Premier Ministre concernant les investigations qu'elle a menées auprès de la gendarmerie nationale et sa réponse. Ces investigations n'ont pas permis de constater la mise en œuvre d'un fichier structuré et pérenne regroupant des données à caractère personnel de nature ethnique visant, en particulier, les "gens du voyage".
La CNIL a été saisie le 7 octobre 2010 d'une plainte émanant de quatre associations concernant la mise en œuvre supposée, par la gendarmerie nationale, d'un fichier des "Roms", dénommé "fichier MENS".

Dès le 8 octobre, la CNIL a mené deux premiers contrôles auprès de l'office central de lutte contre la délinquance itinérante (OCLDI) et du service technique de recherches judiciaires et de documentation (STRJD) de la gendarmerie nationale conformément aux pouvoirs qu'elle détient en application de l'article 44 de la loi du 6 janvier 1978 modifiée le 6 août 2004. Elle a rendu publiques ses premières conclusions le 14 octobre 2010.

Elle a effectué un contrôle supplémentaire auprès du service technique de recherches judiciaires et de documentation (STRJD) le 14 octobre 2010 et a exploité l'ensemble des documents et pièces copiés lors de ces contrôles.

Le 25 novembre 2010, la CNIL a informé le Premier ministre des conclusions de ces contrôles.

Elle rend publiques ses conclusions définitives ainsi que la réponse du Premier ministre.

Celles-ci montrent qu'aucun fichier structuré et pérenne regroupant des données à caractère personnel de nature ethnique visant, en particulier, les "gens du voyage" n'est mis en œuvre par la gendarmerie nationale.

La Commission a toutefois constaté une méconnaissance de certaines des obligations issues de la loi "Informatique et Libertés" lors du traitement par la gendarmerie nationale de données à caractère personnel dans le cadre de ses activités de renseignement. Ainsi, la transmission par messagerie électronique de données concernant les "gens du voyage", recueillies sur le terrain par les unités territoriales, constitue un traitement au sens de la loi et devrait faire l'objet de formalités auprès de la CNIL lorsqu'elles sont conservées par les personnels du STRJD ou de l'OCLDI.

Par un courrier du 18 janvier 2011, le cabinet du Premier ministre à indiqué prendre les mesures nécessaires à la régularisation des pratiques de la gendarmerie nationale au regard de la loi informatique et libertés.

A ce titre, un décret n°2011-340 du 29 mars 2011 portant création du fichier GIPASP (gestion de l'information et la prévention des atteintes à la sécurité publique), pris après avis de la CNIL, régularise le traitement du renseignement de sécurité publique au sein de la gendarmerie nationale


mardi 12 avril 2011

La CNIL et le premier ministre recadrent les fichiers de la gendarmerie


La CNIL et le premier ministre recadrent les fichiers de la gendarmerie 
Par un décret daté du 29 mars dernier, François Fillion, premier ministre et Claude Guéant, ministre de l’Intérieur encadrent de manière assez rigoureuse l’usage des fichiers par la gendarmerie. « Le traitement a notamment pour finalité de recueillir, de conserver et d'analyser les informations qui concernent les personnes susceptibles d'être impliquées dans des actions de violence collectives, en particulier en milieu urbain ou à l'occasion de manifestations sportives », précise ce texte qui exclu tout critère liés à l’ethnie ou au mode de vie des personnes. Cette mise en ordre découle des conclusions du rapport de la Commission nationale de l’informatique et des libertés (CNIL), dans le cadre du fichier Minorités ethniques non sédentaires (MENS). Suite à une plainte déposée en octobre dernier par des associations dénonçant l’usage d’un fichier ciblant les Gens du voyage, la CNIL n’a pas trouvé de fichier permanent, mais relevé des disfonctionnements dans les pratiques des services de gendarmerie. Réagissant prestement à la plainte des associations, la gendarmerie a mit en place dés le 23 octobre 2010 un plan national pour les fichiers et créé un comité Informatique et liberté. Dans une lettre du 18 janvier 2011, adressé à la CNIL, le Premier ministre s’est félicité de ces conclusions. Il  a en outre précisé que l’office central de lutte contre la délinquance itinérante ne visait pas particulièrement les Gens du voyage, mais des « équipes de malfaiteurs qui agissent habituellement en équipe structurées et itinérantes en plusieurs points du territoire ». Mais indépendamment d’enquêtes sur des crimes itinérants et sans nécessiter de consultations de fichiers spécifiques, les Gens du voyage se révèlent très utiles dans la pratique quotidienne des forces de police.


Des Gens du voyage utiles pour faire du chiffre
« Avec les Gens du voyage, nous pouvons faire facilement du chiffre. Sur un simple soupçon concernant un seul individu, nous pouvons perquisitionner toutes les familles qui stationnent sur le même terrain. Dans cette masse de gens nous découvrons forcément des indices de délits variés qui n’ont souvent rien à voir avec l’affaire qui sert de point de départ à la procédure », confie un gendarme. «  Si nous pouvions faire de même en fouillant systématiquement toutes les maisons d’un village ou tous les appartements d’un quartier, nous trouverions autant d’objets de provenances douteuses, des armes et des indices de trafics. Cela nous permettrait de résoudre bien des affaires. Mais, aucune autre population que les Gens du voyage ne tolèrerait d’être fouillée uniquement sous prétexte que nous enquêtons sur un voisin  », ajoute-t-il.
Olivier Berthelin


mercredi 9 février 2011

« Signalez les personnes d’apparence des pays de l’Est », en alsace un gendarme et un maire s’empêtrent dans la communication




Le maire de Kirrwiller (Bas-Rhin) a fait distribuer dans les boites aux lettres de son village une note confidentielle adressée aux élus du canton voisin par un officier de gendarmerie enquêtant sur des cambriolages. En quête de suspects les gendarmes demandaient aux élus de leur signaler les personnes originaires des pays de l’Est. Devenue publique cette note confidentielle gêne ses auteurs dans un contexte où l’enquête sur le fichier MENS (minorités ethniques non sédentaires) est en court suite aux plaintes d’associations. La polémique pourrait même rebondir localement du fait de l’usage discutable de la formule « issus de la communauté des gens du voyage », utilisée par les policiers et le quotidien régional pour désigner des cambrioleurs Croates.
Pour en savoir plus : www.dna.fr
SÉCURITÉ

Le gouvernement recadre les fichiers de la gendarmerie

Par O. Berthelin
Publié le 13/04/2011 dans la Gazette des communes
dans : France
Par un décret daté du 29 mars 2011, François Fillion, premier ministre et Claude Guéant, ministre de l’Intérieur ont recadré de manière rigoureuse l’usage des fichiers par la gendarmerie.
«Le traitement a notamment pour finalité de recueillir, de conserver et d’analyser les informations qui concernent les personnes susceptibles d’être impliquées dans des actions de violence collectives, en particulier en milieu urbain ou à l’occasion de manifestations sportives», précise ce texte qui exclu tout critère lié à l’ethnie ou au mode de vie des personnes.
Cette mise en ordre découle des conclusions du rapport de la CNIL, dans le cadre du fichier Minorités ethniques non sédentaires (MENS).
Suite à une plainte déposée en octobre 2010 par des associations dénonçant l’usage d’un fichier ciblant les Gens du voyage et les Roms, la CNIL a effectué des enquêtes dans les services de la gendarmerie. « Celles-ci montrent qu’aucun fichier structuré et pérenne visant en particulier « les Gens du voyage, n’est mis en œuvre par la gendarmerie nationale.
La commission a toutefois constaté une méconnaissance de certaines des obligations de la loi « informatique et libertés », précise la CNIL en pointant des échanges de données « concernant les gens du voyage », recueillies sur le terrain.
Réagissant prestement à la plainte des associations, la gendarmerie a mit en place dès le 23 octobre 2010 un plan national pour les fichiers et créé un comité Informatique et liberté.
Clarifier la communication des services de l’Etat
Dans une lettre du 18 janvier 2011 adressé à la CNIL, le Premier ministre s’est félicité de ces conclusions.
Dans un contexte envenimé par les polémiques de l’été où le gouvernement été accusé de « stigmatiser les Gens du voyage », la découverte d’un fichier ethnique aurait donné des armes à ceux qui dénoncent les discriminations dont sont victimes ces populations. Dans ce courrier, il prit soin de préciser que l’office central de lutte contre la délinquance itinérante ne visait pas particulièrement les Gens du voyage, mais des « équipes de malfaiteurs qui agissent habituellement en équipe structurées et itinérantes en plusieurs points du territoire ».
Ce constat est confirmé par des policiers municipaux et des élus collaborant étroitement avec les gendarmes. Ils remarquent que la visibilité et les contrôles systématiques que connaissent les gens du voyage rendent très difficile la pratique du grand banditisme. « Quand ils nous fouillent, ils ne cherchent pas des criminels qui seraient bien stupides de se mettre dans des situations où l’on est parfois contrôlé trois fois par jour. Au lieu de faire de vraies enquêtes, ils montrent aux sédentaires que nous sommes systématiquement suspects », déplore Fernand Delage, vice président de l’UFAT, l’une des associations qui a porté plainte contre le fichier Mens.

Des gens du voyage utiles pour faire du chiffre

« Avec les Gens du voyage, nous pouvons faire facilement du chiffre », avoue un gendarme, sous couvert d’anonymat. « Sur un simple soupçon concernant un seul individu, nous pouvons perquisitionner toutes les familles qui stationnent sur un terrain. Nous découvrons forcément des indices de délits variés qui n’ont souvent rien à voir avec l’affaire qui sert de point de départ à la procédure », confie un gendarme. « Si nous pouvions faire de même en fouillant systématiquement toutes les maisons d’un village ou tous les appartements d’un quartier, nous trouverions autant d’objets de provenances douteuses, des armes et des indices de trafics. Cela nous permettrait de résoudre bien des affaires. Mais, aucune autre population que les Gens du voyage ne tolèrerait d’être fouillée uniquement sous prétexte que nous enquêtons sur un voisin», admet-il.

mercredi 8 juin 2011

Définition officielle du métier de gestionnaire d’aire d’accueil



Olivier berthelin

Le 11 février dernier, a été présentée une définition précise du métier de gestionnaire d’aire d’accueil validé le centre de gestion de la fonction publique territoriale du Bas-Rhin.

La route sera certainement encore longue avant que le métier de gestionnaire d’aire d’accueil rejoigne la liste des 231 métiers à part entière des collectivités territoriales. Mais un petit pas vient d’être franchit par le centre de gestion du Bas-Rhin qui a édité la première fiche de poste définissant officiellement les missions et les compétences requises pour ce métier. Marc Pilot   gestionnaire de l’aire de la communauté de communes de Bischwiller cheville ouvrière de cette initiative espère qu’elle débouchera sur une reconnaissance des spécificités de ce métier et une harmonisation des pratiques très différentes d’une aire à l’autre. « Sans définition précise de notre métier les élus et les agents sont en permanence sur la corde raide, nous ne savons pas où sont les lignes jaunes. Nous n’avons pas de formations adaptées et pas de garanties que nos pratiques sont juridiquement valables en cas de problèmes », explique Marc Pilot. Au carrefour de plusieurs métiers le gestionnaire d’aire d’accueil ressemble à un véritable mouton à 5 pattes, cumulant les attributions d’un technicien, d’un comptable, d’un agent d’accueil du public capable de gérer des conflits, et de nettoyage.

La filière technique privilégiée

Sur les 17 tâches du poste 9 concernent directement l’entretient et la propreté des installations. « Il est nécessaire d’être un comptable rigoureux et un bon administratif, mais nous dépendons surtout du bon fonctionnement des installations qui régulent la distribution des fluides », remarque Marc Pilot qui considère que le gestionnaire doit pouvoir réaliser les petits dépannages et assurer l’entretient des équipements.

Qualités d’agent d’accueil du public

Au-delà du fonctionnement et de la propreté des installations, le gestionnaire est aussi un administratif directement au contact du public avec des missions de collecte des frais de séjours, d’application du règlement intérieur et de coordination des multiples intervenants : travailleurs sociaux, enseignant, policiers, pompiers, soignants etc… La gestion de la scolarisation des enfants est aussi inscrite au nombre de ses missions ainsi que la participation au comité de suivi de l’aire, les relations avec les élus et avec les agents des différentes administrations.

Comptable et gestionnaire de conflits

Le volet administratif, la collecte des droits de place et du prépaiement des consommations individualisées d’eau et d’électricité constitue une des responsabilités essentielles du gestionnaire de l’aire d’accueil. « Nous sommes aussi confronté à des situations de conflits liées à des problèmes psychologiques de certains usagers ou à l’alcool », remarque marc Pilot en précisant que les formations à la gestion des conflits proposées aux agents ne sont pas adaptées. « Les situations que nous rencontrons n’ont rien à voir avec les violences urbaines où avec les problèmes que rencontrent nos collègues des services sociaux confrontés à des publics difficiles », précise t-il.


Pour en savoir plus :

Retrouver sur le blog des Dépêches tsiganes la fiche de poste du gestionnaire d’aire d’accueil
Cette fiche de poste à été présentée le 11 mai dernier, lors de la rencontre technique du réseau Gens du voyage d’IDEAL-Connaissances : www.reseau-gdv.net/



Famille : Entretien et services généraux
Filière Technique Catégorie : C Catégorie : B
Gestionnaire aire des gens Cadres d'emplois : Adjoint technique agent de maitrise
du voyage Autres cadres d'emplois éventuels : Controleur des travaux Technicien
Missions du poste : * Participation à l’accueil des familles (information des familles sur les documents à produire, le règlement intérieur…),
_________ _______    ________________________________________________________________________________
__________________________________________________________________________ !
Positionnement du poste :
encadrement éventuel des adjoints
Relations fonctionnelles :
* Internes Responsable de service, Elus Police municipale
* Externes Gens du voyage
Coordinateurs sociaux Conseil général Caisse d'allocation familiale Gendarmerie nationale
Fonctions, tâches du poste :
1 - Accueillir les Gens du voyage
2 - Collecter les frais de séjour
3 - Veiller au bon ordre du terrain et faire respecter le règlement intérieur
4 - Vérifier et faire entretenir les installations
5 - Gérer les départs
6 - Le suivi administratif et comptable
7- Gestion de la scolarisation des enfants
8- Participation au comité de suivi 1réunion anuelle
"_________________#________________________________________________________________________$    ______________% _
Conditions d'accès :
Pour les concours d'accès, vous trouverez les informations sur le lien suivant :
CONDITIONS D'ACCES AUX EMPLOIS DE LA FONCTION PUBLIQUE TERRITORIALE
http://www.cdg67.fr/index.asp?rub=conc&pag=conc
Niveau de responsabilité Subordonnés
Degré d'autonomie
Hiérarchie
du poste
Champs d'intervention : Interventions techniques et environnement
Cadre statutaire
FICHE DE POSTE
Execution Execution- Gestion Supérieur hiérarchique
Technicité, compétences, aptitudes exigées par le poste :
Accueillir les Voyageurs Contenu de la procédure d'accueil - présentation du titre être capable de gérer le fonctionnement des terrains quotidiennement
de circulation - dépôt de la carte grise de la caravane - versement d’une caution en adaptant la relation à un public Gens du Voyage - maintenir les exigences
vérification de la situation des voyageurs par rapport à de précédents séjours - et résister aux pressions des usagers de façon harmonieuse - être capable
acceptation du règlement intérieur par le voyageur après lecture de celui-ci par le de négocier et de dédramatiser des situations - faire preuve de rigueur
gestionnaire, ; il lui sera précisé le temps de séjour autorisé, le montant de la professionnelle, ne pas accepter de tractations avec les gens du Voyage
redevance et des fournitures en eau et électricité, la périodicité des paiements. - avoir des aptitudes au travail en équipe - être capable de retransmettre
des informations avec rigueur - faire preuve d’autonomie et d’initiative.
Collecter les frais de séjour
Veiller au bon ordre du terrain et faire respecter le règlement intérieur
Faire respecter les personnes et les biens sur le site et le voisinage immédiat
et doit intervenir rapidement auprès des Voyageurs dont le comportement est
susceptible de gêner ou de mettre en danger la population accueillie ou bien
le voisinage.
Vérifier et faire entretenir les installations Pour ce faire le gestionnaire
doit avoir un interlocuteur auprès de l'organisme gestionnaire ou (et)
des services techniques de la commune où est implantée l'aire d'accueil.
Gérer les départs
Solder les frais de séjour, vérifier l'état des lieux à la sortie, restituer la caution
et les documents
Le suivi administratif et comptable
- remplir les fiches individuelles clients et les
registres de présence - effectuer quotidiennement les comptes de caisse -
procéder au versement des redevances usagers à qui de droit - effectuer les
statistiques mensuelles et annuelles sur la fréquentation des terrains
(taux d'activité, durée des séjours).
Esprit de dialogue et d’initiative
Conditions matérielles :
* Lieu de travail
* Durée hebdomadaire de service
* Horaires de ttrraavvaaiill décalé 6 jours/sur 7
* Rémunératioonns ,a avvaanntataggeess, pert impreims eest astreinte
Qualités relationnelles
Autonomie, Initiative
Sens de l'organisation
Savoir être ( qualités requises )
Esprit concret et pratique
Savoir faire ( compétences techniques ) Savoir ( connaissances théoriques )
Nettoyage des locaux Diagnostiquer l'état de propreté des surfaces à entretenir
Sollicitation de spécialistes en cas d'anomalie rencontrée
Utilisation d'équipements spécifiques (aspirateur, cireuse…)
Contrôle de l'état de propreté des locaux et signalement des dysfonctionnements
Tri et évacuation des déchets courants
Entretien courant et rangement du matériel utilisé
Mettre en oeuvre les différents matériels et équipements à sa disposition
Appliquer les règles de sécurité du travail
Connaître les produits et leurs conditions d'utilisation
Gestes et postures de la manutention manuelle
Risques professionnels :
Remplacer un produit par un autre moins dangereux
et aux déchets Limiter les manipulations de produits
Capter les produits émis ou ventiler les locaux
Prendre en compte le traitement , le stockage et l'évaluation
des déchets
Faire porter des protections individuelles : protections
respiratoires, gants, lunettes…
Informer le personnel des précautions d'emploi
* Risque d'agression Formation gestion des conflits
* Risque lié aux chutes de hauteur Supprimer les zones avec différence de niveau
Mise en place de protection collective ( main courante, garde corps…)
Former le personnel pour assurer une utilisation correcte des dispositifs
mobiles et une vérification régulière de leur solidité…
Faire porter des protections individuelles (harnais..)
* Risque lié à l'utilisation d'outil électroportatif être formé à l'utilisation des outils
vérifier l'état et la conformité de l'outil avant chaque utilisation
* Risque chute de plain-pied Veiller au rangement des locaux , organiser la circulation des personnes
Supprimer zones dangereuses, revêtements de sol antidérapants
Elargissement des passages, entretien des sols, passages dégagés, clairs
* Risque de manutention manuelle Formation gestes et postures
Mise à disposition de matériel adapté lors de port de charges lourdes
Porter des équipements de protection individuelle
(gants, chaussures de sécurité…)
* Risque biologique Port des EPI (masque, blouse jetable gants)
Respect des règles d'hygiène
* Risque lié aux effondrements et Organiser les stockages, éviter les empilements anarchiques
aux chutes d'objet Limiter la hauteur des stockages, faire porter des casques
Baliser la zone de travail
* Risque lié à l'électricité Lors de remplacement de pièces, vérification, contacter le fournisseur
pour éviter tout contact avec des conducteurs sous tension
* Risque lié au manque de formation Connaître et compléter la formation de base du personnel
Former les nouveaux embauchés aux règles générales de sécurité de
la collectivité et à celles spécifiques du poste de travail
faire s'exprimer le personnel sur les difficultés rencontrés dans son travail
et notamment sur les incidents, les risques pour la sécurité et la santé
* Risque routier Organiser le travail pour limiter les déplacements
dans les véhicules
* Risque travail isolé Eviter, dans la mesure du possible, de travailler isolément.
Prévenir collègues ou hiérarchie de sa situation, disposer d'un moyen d'alerte
Evaluation des risques
RISQUE(S) MINEUR(S)
Les consignes
RISQUE(S) MAJEUR(S)
* Risque lié aux produits, aux émissions

jeudi 26 mai 2011

Europe Le Conseil de l’Europe forme 20 premiers médiateurs



Le 23 mai dernier s’est achevée à Strasbourg, la première session de formation de médiateurs dans les domaines de la santé, de l’éducation et du l’emploi des Roms et Gens du voyage. Ce programme initié par le Conseil de l’Europe concerne un total de 400 médiateurs répartis dans les 47 pays. Il a pour objectif en partenariat avec les Etats et les collectivités territoriales la création de poste d’agents dont la mission est de faciliter les relations entre les services publics et des populations qui éprouvent des difficultés à recevoir des soins, à être scolarisée et à exercer des activités économiques.

Consultez aussi sur le blog des Dépêches tsiganes les articles consacrés à ce sujet

dimanche 15 mai 2011

Les artisans du bâtiment réclament une revalorisation des bas salaires



Réagissant à la polémique sur le RSA La Confédération de l’artisanat et des petites entreprises du bâtiment qui souffre d’une pénurie de main d’œuvre propose une sortie par le haut au moyen d’une augmentation des bas salaires et d’une amélioration des filières de formation. Elle préconise une baisse des charges salariales et s’adresse à ses membres pour les inciter à améliorer les conditions de travail. Elle interpelle aussi les travailleurs sociaux, pôle emploi et les organismes de formation afin qu’ils orientent les bénéficiaires du RSA vers des secteurs  en demande de salariés qualifiés.
Document communiqué de la CAPEB

Débat sur le Revenu de Solidarité Active
Patrick Liébus (Artisanat du Bâtiment) : « Au-delà des minima
sociaux, il faut renforcer l’attractivité du travail »
Paris, le 10 mai 2011 – Le débat sur le Revenu de Solidarité Active (RSA) soulève la question de
l’attractivité du travail en France – un enjeu fort porté par la CAPEB depuis plusieurs années :
l’artisanat du bâtiment dispose de 7000 emplois non pourvus en 2011.
Depuis plusieurs années, le secteur de l’artisanat du bâtiment peine à recruter de la main d’oeuvre.
En 2011, 6000 offres d’emplois, hors intérim, restent à pourvoir. Face à cette pénurie persistante
de candidats à l’embauche qui freine la reprise économique de tout un secteur au sortir d’une crise
économique sans précédent, la CAPEB attend une mobilisation importante de Pôle Emploi. L’enjeu :
orienter et former les personnes en recherche d’emploi vers les secteurs qui recrutent et mettre
enfin en adéquation l’offre et la demande sur le marché du travail.
La CAPEB souhaite aussi que le gouvernement s’attache à favoriser la capacité des entreprises à
proposer des salaires plus élevés en jouant sur le niveau de charges, l’objectif étant de rendre le
travail plus attractif et réellement revalorisé.
Patrick Liébus, Président de la CAPEB, déclare : «Depuis plusieurs années, les petites
entreprises du bâtiment, qui emploient 992 000 actifs, ont fait des efforts considérables
pour mieux rémunérer leurs salariés. Je suis convaincu qu’avec une baisse significative des
charges qui pèsent sur la main d’oeuvre, on pourrait améliorer encore les salaires et rendre
le travail plus attractif. En parallèle, il faut favoriser l’orientation des jeunes vers
l’apprentissage. »
A propos de la CAPEB :
La CAPEB (Confédération de l’Artisanat et des Petites Entreprises du Bâtiment) est le syndicat patronal
représentant l’artisanat* du bâtiment (www.capeb.fr) :
- 380 000 entreprises employant moins de 20 salariés, soit 98 % des entreprises du bâtiment**
- 992 000 actifs, soit 67 % des actifs du bâtiment
- et 80 000 apprentis, soit 81 % des apprentis du bâtiment
Réalisations :
- 77 milliards d’euros de chiffre d’affaires, soit 63 % du CA du bâtiment,
- 1,63 milliard d’euros d’investissements, soit 61 % des investissements du bâtiment
* Définition d’une entreprise artisanale : une petite entreprise qui peut employer ou non des salariés et qui est inscrite au répertoire des métiers.
** Ces chiffres sont extraits de la nouvelle publication : « Les chiffres clés de l’artisanat du bâtiment 2011 » à paraître en février 2011 

Mini point de repère Dépêches tsiganes : caravane RSA et aides aux logements




La caravane n’étant pas reconnue comme un logement, les familles vivant en résidences mobiles ne sont pas éligibles aux aides aux logements, sauf cas particuliers.
Sur certaines aires d’accueil, le temps du séjour, les familles en difficulté économique peuvent obtenir des APL pour couvrir une partie des droits de places, elles sont en général versées à l’organisme gestionnaire. Il en va de même pour les terrains familiaux d’habitats adaptés. Les revenus des activités commerciales et artisanales sont pris en compte dans le calcul du RSA.

dimanche 27 février 2011

A quoi servent les titres de circulation ?


 

Cette enquête publiée par la Gazette des communes présente les titres de circulation vus par le bout de la lorgnette  des fonctionnaires territoriaux et quelques usagers. Nous reviendrons sur ce sujet avec d’autres enquêtes auprès d’autres catégories de professionnels.
Gens du voyage
Les titres de circulation, des papiers sans valeur ?
Par Olivier Berthelin, Gazette des communes du 7 février 2011
n Sur le terrain, policiers municipaux et gardes champêtres confirment la difficulté, voire l'inutilité, du contrôle.
n Les gens du voyage dénoncent ces titres spéciaux qu'ils jugent discriminatoires.
«Ce n'est que lorsque le dialogue n'est plus possible et que les comportements ne sont plus acceptables que nous demandons aux gens du voyage de nous montrer leurs titres de circulation. Je n'ai connu une telle situation que deux ou trois fois en vingt-sept ans de carrière », constate Jacques Armesto, garde champêtre chef à La Salvetat-sur-Agout (Hérault) et président de la Fédération nationale des gardes champêtres. « Les nomades considèrent que ces documents spéciaux les désignent de manière négative et vivent ces contrôles comme des signes de méfiance », ajoute-t-il en s'appuyant sur son expérience et celle de ses collègues. Pour expliquer l'extrême sensibilité des voyageurs vis-à-vis des titres de circulation, instaurés en 1969, il rappelle que ces citoyens ordinaires sont obligés de se rendre tous les trois mois au commissariat de police ou à la gendarmerie, pour justifier de leurs activités et faire tamponner leurs papiers.
Une source de tensions.
« Nous n'avons pas besoin de contrôler les papiers pour identifier des personnes qui vivent en caravane. La consultation du fichier des cartes grises à partir du numéro d'immatriculation nous confirme le nom du propriétaire. Si nous ne constatons pas d'infractions, nous n'avons aucune raison de les traiter avec plus de suspicion que les autres administrés et de créer des tensions », explique le garde champêtre.
Disposant, en vertu du statut de la police rurale, de la possibilité de contrôler les identités hors de la présence d'officier de police judiciaire, il n'utilise ce pouvoir qu'en cas de nécessité. « Le statut nous importe moins que le comportement de la personne. Nous connaissons les voyageurs qui viennent tous les ans. Ils font des efforts pour donner une bonne image d'eux-mêmes, travaillent comme forains ou sur les marchés environnant. Nous constatons moins de délits qu'avec d'autres publics », précise-t-il.
A Tours, Grenoble, Rennes, Bordeaux, dans l'Hérault, les policiers municipaux confirment globalement ce constat, en nuançant selon le degré de conflictualité des situations et la personnalité des protagonistes. Prudents, ils refusent de s'impliquer dans les polémiques sur la stigmatisation des gens du voyage.
Privilégier le dialogue.
L'action des polices municipales vis-à-vis des gens du voyage se concentre sur la gestion des stationnements, les contrôles des titres de circulation représentant un facteur de tension supplémentaire. « Même lorsque les élus nous donnent des consignes de répression systématique, nous ne nous intéressons aux titres de circulation que lorsque nous intervenons en soutien de la gendarmerie dans des opérations d'envergures », précise Jean-Charles Glatigny, secrétaire national de la Fédération autonome de la fonction publique territoriale chargé de la police municipale.
Le responsable brosse le tableau très conflictuel du département des Alpes-Maritimes, qui ne compte que deux aires d'accueil et dans lequel les élus engagent systématiquement des procédures d'expulsion. « Avec les groupes qui tentent de s'imposer, nous devons établir des relations de dialogue, car, pendant les délais des procédures d'expulsion, nous devons protéger le site contre des riverains très remontés et veiller à ce que tout se passe le moins mal possible », explique-t-il en notant que ces situations peuvent durer 72 heures, lorsque la commune, ayant respecté ses obligations, utilise avec succès l'expulsion administrative, ou se prolonger jusqu'à 15 jours, lorsque le juge donne raison aux voyageurs.
« Nous sommes dans des situations extrêmement délicates, car nous devons d'abord signifier le désaccord des autorités, sans pouvoir nous opposer physiquement, dans certains cas, à plusieurs centaines de personnes ayant loué des engins de chantier pour détruire les obstacles qui interdisent l'entrée des terrains. Ensuite, nous devons vivre avec eux, au quotidien, jusqu'à leur départ. Prendre l'initiative de demander les carnets ne ferait qu'envenimer inutilement des situations déjà tendues, sans rien apporter en terme de maintien de l'ordre », raconte le policier municipal.
Sans doute majoritaires, ces pratiques, en situation de conflit, privilégiant le dialogue au contrôle des titres de circulation ne font pas l'unanimité. Sous formes de confidences en expliquant que la méthode est condamnable, des maires et un gendarme à la retraite avouent avoir utilisé la menace de confiscation des titres de circulation pour chasser des voyageurs récalcitrants. Ils faisaient l'économie de longues, aléatoires et onéreuses procédures légales. La méthode, inapplicable avec les grands groupes structurés défendus par des avocats, est réputée particulièrement efficace contre les familles isolées du fait des peines, allant de 1 500 euros à un an de prison, encourues par le voyageur incapable de produire son titre.
Moyen de pression.
« Ces chantages touchent surtout les plus démunis, qui savent que, s'ils résistent ou se plaignent, ils ne seront pas entendus, même lorsque ceux qui les menacent enfreignent la loi. Alors, plutôt que de risquer des ennuis graves, ils vont chercher à stationner ailleurs », confirme le pasteur Désiré Vermeersch, président de l'Association sociale nationale internationale tsigane (Asnit).
Dans des contextes moins conflictuels, policiers municipaux et gestionnaires d'aires d'accueil ne se préoccupent quasiment pas des titres de circulation. Ainsi, la police municipale de Tours, qui dispose de 290 emplacements en aire d'accueil et prépare avec les intéressés, dès le mois de décembre, les étapes estivales de six à huit groupes de grands passages, ne s'intéresse aux titres de circulation que dans le cadre de ses trente marchés.
« Depuis 2010, des cartes professionnelles de commerçants non sédentaires remplacent les titres de circulation, mais comme elles ne sont pas encore généralisées, nos placiers continuent à demander, comme par le passé, les titres de circulation et les registres du commerce », explique la mairie de Tours.
Effets pervers.
« Sur nos aires d'accueil, nous demandons, comme dans les campings, les références d'une pièce d'identité, qui n'est pas obligatoirement un titre de circulation, et une photocopie de la carte grise », explique Dominique Careil, responsable du pôle « habitats spécifiques » du bailleur social Aquitanis, qui gère 14 aires totalisant 150 emplacements sur le département de la Gironde. Reste que les pratiques divergent d'un gestionnaire à l'autre. Certains exigent les titres, d'autres non. Or, ce sésame administratif ne suffit pas toujours.
Soumis malgré lui à l'obligation de détenir un carnet de circulation, Jean-Marie Magister dénonce les effets pervers du statut de gens du voyage. Même avec son carnet, il ne pouvait accéder aux aires d'accueil : dans son cas, ces places-là se révélaient très chères. Nullement itinérant dans son mode de vie, ayant dû laisser son logement après un licenciement, devenu sans ressources, il avait demandé une aide au CCAS de la commune où il se trouvait.
« Ils ne voulaient rien savoir car, pour eux, je n'étais pas SDF puisque j'avais un véhicule. N'étant pas domicilié dans la commune, je ne relevais pas des compétences du CCAS. Ils acceptaient seulement que mon fils soit scolarisé », explique Jean-Marie Magister. Ne pouvant plus le laisser stationner dans la commune, les policiers municipaux l'avait envoyé à la préfecture, qui lui avait attribué un carnet de circulation.
« Cela n'a rien arrangé, au contraire. On me considérait alors avec méfiance, comme un Tsigane, et j'aurais même dû attendre trois ans pour pouvoir voter de nouveau », déplore Jean-Marie Magister. Un « cas loin d'être exceptionnel » observe Fernand Delage, vice-président de l'Union française des associations tsiganes (lire son témoignage, p. 31).
« Supprimer l'obligation de faire viser les titres et donner le droit de vote est indispensable pour consolider la citoyenneté des gens du voyage. Mais supprimer les titres et l'ensemble de la loi risque de remettre en cause la reconnaissance légale du droit à un mode de vie itinérant », conclut Denis Klumpp, directeur de l'Association régionale d'études et d'actions auprès des Tsiganes (Areat).
LES POINTS CLÉS
Carnet anthropométrique Créé en 1912 pour les nomades, le carnet anthropométrique a été modernisé en 1969 sous la forme d'un titre de circulation.
Livret et carnet Destiné aux personnes ayant des revenus fixes, le livret est visé tous les ans. Le carnet, qui concerne les personnes ayant des revenus aléatoires, est visé tous les trimestres. Ni l'un ni l'autre n'ont la valeur de papier d'identité.
Carte de commerçant ambulant La carte professionnelle de commerçant ambulant a été créée en 2010.
Fernand Delage, vice-président de l'Union française des associations tsiganes (Ufat) - « Ces titres qui font de nous des demi-citoyens »
« Il faut abolir ces titres qui font de nous des demi-citoyens. Ils sont les héritiers des carnets anthropométriques, sur la base desquels nos grands-parents et parents ont été enfermés pendant la Seconde Guerre mondiale. Certains disent qu'ils sont notre identité et qu'ils garantissent notre mode de vie ; au contraire, ils nous donnent plus de devoirs que de droits et nous désignent de manière négative. Le gouvernement prétend que c'est notre seul contact avec l'administration, mais nous sommes en permanence en contact avec des policiers, des travailleurs sociaux et les services qui s'occupent des entreprises, des taxes. Les règles de stationnement doivent être améliorées. Sédentaires et itinérants sont complémentaires et sont faits pour vivre ensemble. »
Un statut complexe et controversé
La loi du 3 janvier 1969 « relative à l'exercice des activités ambulantes et au régime applicable aux personnes circulant en France sans domicile ni résidence fixe » instaure des titres de circulation obligatoires à partir de l'âge de 16 ans, pour les personnes circulant plus de six mois dans l'année. Elle possède deux volets : économique et administratif. Dans le domaine économique, la carte professionnelle de commerçant non sédentaire, instaurée par l'arrêté du 21 janvier 2010, remplace les titres de circulation pour les activités économiques itinérantes. Mais elle n'abolit pas l'usage administratif de ces titres, l'obligation de les détenir et de les faire viser par les forces de police, tous les ans pour les livrets et tous les trois mois pour les carnets. Ils ne remplacent pas une carte d'identité mais assignent une commune de rattachement et imposent un délai de trois ans pour être inscrits sur les listes électorales. Néanmoins ceux qui, étant en difficulté économique, sont éligibles à la domiciliation peuvent voter comme les autres citoyens. Ils doivent cependant continuer à faire viser leurs titres. Cet usage en tant que document de police est dénoncé, par la Halde, comme une stigmatisation d'une partie de la population, considérée comme dangereuse. Associations et partis réclament une abolition de la loi. Pourtant, de nombreux Tsiganes y restent attachés : ils craignent que la disparition des titres n'implique l'interdiction du voyage et la perte de leur identité.
AVIS D'EXPERT - Jean-François Restoin, directeur du groupement d'intérêt public « Accueil des gens du voyage en Ille-et-Vilaine » - « 90 % ont la nationalité française »
« La loi du 5 juillet 2000 associe clairement les aires d'accueil et les titres de circulation définis par la loi du 3 janvier 1969. Mais réserver un équipement public à une seule catégorie de la population est une forme de discrimination. Même si la France ne reconnaît pas les minorités et que, sous certaines conditions, des étrangers peuvent recevoir des livrets de circulation, il faut reconnaître que plus de 90 % des personnes soumises à la loi de 1969 sont françaises et, pour leur très grande majorité, tsiganes. Mais, dans chaque famille, certains membres n'ont plus de titres de circulation car ils voyagent moins de six mois. Or ils doivent aussi pouvoir accéder aux aires d'accueil. En outre, la commune de rattachement, où se déroulent les démarches d'état civil, est rarement la même que celle de domiciliation, où se passent toutes les démarches sociales et professionnelles. »

Briseuse de préjugés



Par Olivier Berthelin, Gazette des communes 14/02/2011
Infirmière du groupement d'intérêt public « Accueil des gens du voyage en Ille-et-Vilaine », Annie Egu combat les idées toutes faites.
«Même sans eau courante et sans électricité, les voyageurs font de gros efforts du côté de l'hygiène, ils trouvent toujours le moyen de se laver, même à l'eau froide s'il n'y a rien d'autre », constate Annie Egu, qui prend plaisir à surprendre ses interlocuteurs en dénonçant les lieux communs sur le manque d'hygiène des gens du voyage. Infirmière du groupement d'intérêt public (GIP) « Accueil des gens du voyage en Ille-et-Vilaine », elle précise qu'elle n'a pas pour mission de promouvoir l'image de marque des voyageurs, mais de faciliter les relations entre ceux-ci, les soignants et les administrations. Mère de famille, aucunement aventureuse, elle n'hésite pourtant pas à affronter les angoisses des uns et les soupçons des autres dans des situations parfois tendues. Elle doit parfois déployer beaucoup d'énergie pour rassurer des parents qui craignent qu'on ne leur retire leurs enfants et calmer des médecins, affolés de devoir ausculter un patient en présence de ses proches. Les sourires qu'elle esquisse en évoquant des situations parfois surprenantes n'ont rien de condescendant.

Rassurer.

Soignante expérimentée, elle comprend les contraintes qui pèsent sur ses collègues et, fréquentant au quotidien des familles du voyage, elle sait que des attitudes parfois déroutantes n'ont rien d'absurde ni d'irrationnel. « Il faut rassurer aussi bien les familles que les agents des autres services, les médecins et les élus. Les familles ont peur des institutions et, à l'inverse, les intervenants qui ne connaissent pas les voyageurs abordent souvent les relations sur le mode du soupçon ou de l'incompréhension », explique-t-elle. « Mais, lorsqu'il y a un problème de santé, je peux compter sur les élus et les agents des communes qui recherchent des solutions, même quand la famille concernée est en conflit ouvert avec eux pour des questions de stationnement ou d'urbanisme », précise la spécialiste qui, dans le cadre du processus de révision du schéma départemental d'accueil, a travaillé à la coordination des acteurs de santé. L'esprit ouvert, soucieuse de la précision des faits et d'analyse, elle combat autant les préjugés à l'égard des élus et des territoriaux que ceux qui visent les voyageurs. Ayant débuté sa carrière professionnelle dans les métiers de la banque, avant de changer de voie, une dizaine d'années plus tard, en devenant infirmière, Annie Egu regarde avec un certain recul les polémiques autour de ce sujet sensible.

Nouer des relations de confiance.

« Dès le début de mes études d'infirmière, je me suis orientée vers la santé publique, qui prend en compte tous les aspects de la personne, plutôt que vers des spécialités plus techniques », raconte celle qui pratique des soins au quotidien lorsqu'elle visite des familles. « Sauf pour les enfants qui sont l'objet de toutes les inquiétudes, les gens du voyage ont plutôt tendance à ne consulter le médecin que lorsqu'ils ne tiennent plus debout, le travail de prévention est donc particulièrement nécessaire », explique l'infirmière, qui partage son temps entre le terrain et les interventions comme personne ressource auprès des administrations et des professionnels de santé. Forte d'une expérience dans la médecine du travail, elle s'est retrouvée par hasard sur un poste dédié à cette population particulière qu'elle ne connaissait nullement auparavant. « La nécessité de comprendre une autre culture et tous les dialogues nécessaires pour nouer des relations de confiance entre les familles, les soignants et les administrations ajoute une dimension passionnante à mon travail », confie l'infirmière, qui assume un rôle d'intermédiaire depuis dix ans.
BIO-EXPRESS
1980 : au cours de sa scolarité, elle effectue un stage dans un centre de soins, qui sera déterminant dans ses choix ultérieurs.
1986 : entame sa carrière dans les services comptables d'une banque parisienne.
1996 : passe le concours d'entrée à l'école d'infirmière de Rennes.
1998-2000 : diplômée d'Etat, elle effectue des remplacements dans la médecine du travail.
2000 : infirmière de l'association Gens du voyage Ulysse 35, devenue, en 2009, GIP.